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Le point sur la PESS

Chef du Service pédiatrie du Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil
(Val de Marne), membre d’honneur et ami de L’Oiseau Bleu, le Professeur Philippe Reinertfait le point sur la PESS avec Jean-Marie Manus, ami de notre association,journaliste à la Revue Française des Laboratoires.


Evaluation de 35 années de vaccination rougeole-oreillons-rubéoles en France

Résumé :

Objectif : La mise en place et le suivi d’un programme vaccinal nécessitent des investissements humains et économiques importants. L’évaluation du bénéfice clinique apporté par la vaccination rougeole-oreillons-rubéole (ROR) depuis la mise à disposition des vaccins monovalents (soit près de 35 ans pour la rougeole. 30 ans pour la rubéole et 20 ans pour les oreillons) est l’objet de cette étude.

Méthode : L’impact de la vaccination a été évalué à partir de la modélisation de chacune des trois maladies sous forma d’un arbre de décision en s’appuyant sur les données épidémiologiques propres à chaque maladie et sur les données d’efficacité des trois vaccins. Les résultats ont été comparés en termes de complications, séquelles, décès de la population effectivement vaccinée avec les résultats que l’on obtiendrait si cette même population n’avait pas été vaccinée. Le modèle général a été appliqué à chaque maladie, à l’exception du syndrome de rubéole congénitale. Elles ont été modélisées en fonction de la survenue ou non d’une complication avec pour conséquence une évolution du nombre des femmes protégées par la vaccination et des chiffres d’incidence des syndromes de rubéole congénitale rapportés dans la population considérée avant et après vaccination. Résultats : La vaccination ROR en France a permis d’éviter, sur la période considérée, près de 2 millions de méningites, 60 000 encéphalites, 170 panencéphalites subaiguës sclérosantes et plus de 5600 séquelles neurologiques, dont plus de 600 surdités. Elle a également permis d’éviter près de 590 000 pneumonies, plus d’un million d’otites moyennes aiguës, plus de 300 000 orchites et la survenue de 3000 cas de rubéole au cours de la grossesse. Au total ce sont plus de 12 000 décès qui ont été évités sur la période grâce à la vaccination.

Conclusion : La politique de vaccination ROR se traduit donc par un remarquable bénéfice en terme de santé publique ce qui souligne tout la valeur du geste vaccinal dans la pratique médicale quotidienne

P. Reinert - B. Soubeyrand - R. Gauchoux 2003 Editions scientifiques et médicale Elsevier SAS - Tous droits réservés

Fréquence de la rougeole

Sans déclaration obligatoire en France, on n’a ici qu’une estimation :
18 000 à 30 000 cas par an...

La couverture vaccinale

Le taux moyen est de 80 %, « ; ce n’est pas brillant », comparé à certains de nos voisins où il dépasse 90 %. Or de ce fait, ce taux varie en France de 50 à 85 %, ce qui est totalement insuffisant pour envisager l’éradication, c’est-à-dire la disparition de la rougeole. (1)

Survenue de la PESS

Dans un délai de 3 à 12 ans après une rougeole, même « banale », la dégradation peut s’installer en quelques mois ou en quelques années.

Réactivation du virus

C’est un virus latent, « assoupi » dans une « niche » qui lui est propre. Son réveil (réactivation) serait favorisé par la mutation d’un de ses antigènes (protéine M), empêchant sa reconnaissance par les anticorps de la rougeole initiale. Hypothèse : entre-temps, une autre infection virale pourrait être responsable de cette mutation.

Trouver le virus réactivé

L’idéal serait de penser à rechercher le virus remis en circulation lorsque apparaissent les premiers troubles du comportement chez un enfant qui a fait précédemment une rougeole. On peut également retrouver un taux d’anticorps augmenté en cas de PESS. La recherche du virus et des anticorps est aujourd’hui facile.

Les traitements

L’on fonde des espoirs sur deux anti-viraux : l’interféron et la ribavirine. Mais le traitement précoce est indispensable, c’est-à-dire que l’on reconnaisse la nature infectieuse (et non psychiatrique !) des premiers signes qui sont des anomalies du comportement.

La vaccination

Problème : les anticorps maternels du nouveau-né actifs (jusqu’à 7-8 mois) ne protègent pas toujours contre la rougeole contractée en crèche mais... risquent de détruire le vaccin. Cependant, si les anticorps maternels sont dus à une vaccination, il est possible qu’ils n’empêchent pas une vaccination. Par ailleurs, les anticorps maternels disparaissent très souvent précocement chez l’enfant (85 à 90 % des cas) : si on fait leur dosage, on peut alors vacciner beaucoup plus tôt, vers 5-6 mois, lorsqu’ils ont disparu.
Aucun gouvernement n’ayant osé rendre la vaccination obligatoire, nombre de familles jugent peu importante cette vaccination, en banalisant la rougeole comme « petite maladie de l’enfance ».

Jean-Marie Manus, journaliste médical


(1) L’éradication d'une maladie est possible lorsque son agent (virus, bactérie) est propre à l'homme (c’est le seul « réservoir »), tel le virus de la variole (officiellement disparue en 1980, mais qui, les événements internationaux de 2001 l’ont montré, a refait une apparition due à la folie et à la méchanceté humaine). 

 

 


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Questions sur la PESS

Le point avec le Pr Reinert

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